FARIDA KHELFA / ENCENS N°34 – 2015

IMG_1097‘On était toute une bande — il y avait Vincent Darré, Christian Louboutin, ma soeur Djemila, et on ne se réveillait jamais avant deux heures de l’après midi. On passait tout notre temps à s’inventer des looks, c’est d’ailleurs la seule raison pour laquelle Fabrice Emaer nous laissait entrer, parce que ce n’était pas avec nos consommations qu’il allait faire fortune. Une grosse partie de la mode se créait là-bas. C’est au Palace que Frédérique Lorca, elle aussi dans la même agence de mannequins que moi, a tapé dans l’oeil de Karl Lagerfeld en combinant une veste Chanel, qui était à l’époque le comble du ringard, avec son levis 501. C’était le seul endroit au monde où vous pouviez voir Yves Saint Laurent, alors sur le déclin, fréquenter la même table que Kenzo ou Claude Montana devant lesquels toute ma génération se serait prosternée pour obtenir une babiole’.